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Publié par csa

 

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Nous avons eu le plaisir d'accueillir jeudi 18 novembre la conférence de Nicole Delvolvé sur le thème "Sommeil et rythme de l'enfant"

 

Nicole Delvolvé est docteur en psychologie ergonomique à Toulouse et à écrit entre autre "Stop à l'échec scolaire" chez De boeck et "Mon enfant cet élève" chez Milan

 

Pour découvrir ses travaux, vous pouvez visiter son blog à l'adresse suivante :

http://reussite-pour-tous.over-blog.fr/

 

 

Préambule à la conférence :

"Si vous jugez que l’École doit être le lieu de l’égalité des chances, le moment dans la vie du jeune qui va lui permettre de construire les multiples compétences qui l’aideront dans sa vie future -qui ne sera pas toujours des plus faciles-, alors ouvrons le chantier des conditions de vie et d’apprentissage des élèves. Comment se fait-il que l’on ignore à ce point le rôle des conditions de vie et de travail sur la réussite de l’élève ? Bien dormir, savoir et pouvoir se reposer pendant la journée sont des conditions premières pour apprendre. Il est temps que les adultes en soient convaincus et qu’ils l’expliquent aux jeunes."

 

Une seconde conférence sera organisée jeudi 9 décembre 2010 à 20h30 au collège Gambetta. Nous accueillerons le docteur TIBERGE, neurologue et responsable de l'unité sommeil aux hôpitaux de Toulouse. Entrée libre

 

 


Un résumé de la conférence est disponible ci-dessous :

 

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Dans le cadre de l’exposition « Le sommeil, un art de vivre » l’association Carrefour des Sciences et des Arts a convié Mme Delvolvé Nicole (neuropsychologue et psychologue en ergonomie des situations d’apprentissage scolaire) à intervenir sur Cahors sur le sommeil et le rythme de l’enfant. Cette conférence a été suivie par une soixantaine de parents, enseignants et personnels encadrant très curieux d’en apprendre plus sur ce thème.

 

Pour Mme Delvolvé, il y a confusion entre les mots rythme et temps. Chaque cerveau possède des horloges biologiques (des structures cérébrales qui commandent nos variabilités). « Le cerveau bât, comme le cœur, toute la vie. Il n’y a qu’à la mort qu’on n’a plus de battements cérébrales. L’électroencéphalogramme n’enregistre plus rien. » dit-elle. Nous possédons de nombreuses horloges internes. Certaines fonctionnant sur 24h (rythme circadien) d’autres au rythme des saisons (rythme circannuel). Nous pouvons illustrer les rythmes circadiens par quelques exemples : Nous pesons plus lourd le soir que le matin car nos fonctions rénales et digestives sont moins actives en fin de journée. Nous éliminons plus facilement en début de matinée ; notre température corporelle elle aussi varie au cour de la journée. Elle est à son niveau le plus élevé vers 17h et décroît en fin de journée pour atteindre sa température la plus basse (+/- entre 0.5 et 1°C) vers 2h/3h du matin ; notre cerveau également ne travaille pas avec la même efficacité toute la journée. Il est particulièrement éveillé vers 16h-17h. Tous ces rythmes, ne sont qu’histoires d’horloges internes. Nous n’y pouvons rien changer, cela s’impose à nous. C’est pourquoi il ne faut pas confondre « rythmes du cerveau humain » qui signifie « rythmes biologiques » avec la notion de « rythmes de développement de l’enfant » qui signifie une notion de « vitesse ». Nicole Delvolvé insiste : « lorsque l’on parle de « l’aménagement des rythmes de l’enfant » au niveau ministériel, il serait préférable de dire « l’aménagement des temps de l’enfant ». On ne peut pas influer sur les rythmes de l’enfant, ils s’imposent à lui. Par contre on peut aménager les temps scolaires afin qu’ils soient en meilleure adéquation avec les rythmes de développement de l’enfant.

 

C’est cette question de l’aménagement « des temps de l’enfant » qui nous amène à nous intéresser à la notion de sommeil. Le sommeil est indispensable à l’apprentissage. Quelques tests ont été effectués il y a fort longtemps sur des chats… Un signal électrique était envoyé à ces animaux à chaque fois que l’on enregistrait une baisse de leur activité cérébrale, signe de leur endormissement. Ces chats n’ont pas vécu plus d’un mois… Et pourtant le « dormeur » est encore trop souvent stigmatisé. Nous avons peut être le souvenir d’avoir été accusé de « paresseux » lorsque nous avions envi de dormir, ou bien avons-nous déjà entendu cette phrase terrible « si tu n’es pas sage, tu iras au directement au lit ».

 

Redonnons au sommeil ses lettres de noblesse, grâce à lui nous pouvons être efficace la journée ! Mais alors, quand dormir ? Le creux médian nocturne se situe vers 2h-3h du matin. Il faut donc dormir autour de ce creux médian. Combien de temps dormir ? La durée du sommeil nocturne est fonction de l’âge (un petit enfant scolarisé dormira jusqu’à 12h la nuit) mais aussi fonction de nos paramètres génétiques. Nous sommes tous des petits ou des gros dormeurs, selon nos caractères génétiques. Lorsque nous ne dormons pas assez, cela se ressent le jour. Nous nous sentons fatigués, irritables, nous avons des difficultés à rester éveiller. C’est ce qu’on appelle un déficit de sommeil. Cela entraine des troubles durant toute la journée et pour certains élèves une incapacité à tenir en place ! A quoi sert le sommeil ? Il nous permet de créer l’équilibre de notre éveil. En effet pendant une nuit de sommeil nous passons par plusieurs stades : le sommeil lent (où nous récupérons physiquement de notre journée, on nettoie notre corps de ses impuretés, c’est pendant cette période que les enfants sécrètent l’hormone de croissance) ; suivit du sommeil paradoxal (moment du sommeil où nous récupérons psychiquement, où nous mettons en mémoire). Ainsi se coucher suffisamment tôt et dormir suffisamment longtemps permet de passer par tous les stades du sommeil (lent et paradoxal) et d’être ainsi en forme physique et psychique le lendemain.

 

Mais n’oublions pas non plus que la qualité de notre vie « le jour » conditionne également la qualité de notre nuit ! Ainsi certaines activités sont à proscrire juste avant d’allé se coucher, tel que l’utilisation intensive de l’ordinateur, des jeux vidéos ou de la télévision. Ils réveillent artificiellement notre cerveau, qui se force du coup a resté éveillé.

 

Pour adapter nos temps d’apprentissage et de travail, il faut respecter le rythme de notre cerveau. Etudions le sur une journée : Le cerveau des « petits dormeurs » se réveille vers 6h/6h30, celui des « gros dormeurs » vers 6h30/7h. Ce mécanisme est automatisé notamment par la sécrétion d’ hormones. Pour aider notre cerveau à « bien se réveiller » il va falloir l’aider en l’activant (en s’étirant, en parlant, en marchant…). Il est enfin au maximum de ses capacités vers 9h30/11h. Mais 6h après s’être réveillé il ralenti son rythme à nouveau. Il est alors midi/13h. C’est ce qu’on appelle le creux médian diurne. Nous ressentons ce creux pendant ou après mangé, car notre société nous impose de manger à ces horaires là. Mais la prise des repas n’est en aucun cas la cause de notre « envie de sieste ». Il s’agit bien là du repos de notre cerveau ! Enfin il reprendra petit à petit son activité maximale de 16h à 19h. Puis à nouveau son rythme se calmera jusqu’à être au plus bas vers 2h/3h du matin.

 

Toutes ces notions énoncées, nous comprenons que pour Mme Delvolvé « il est malhonnête de parler de l’aménagement des temps de travail et de demander leur avis aux parents alors qu’on ne leur a pas donné les clefs du sommeil.

 

Afin de pouvoir suivre les travaux de Mme Delvolvé nous vous invitons à consulter son blog :

reussite-pour-tous.over-blog.fr


 

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Ces conférences sont organisées en marge de l'exposition : "Le sommeil, un art de vivre" présentée à l'Espace Caviole, 118 rue du président Wilson, Cahors


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