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Publié par Association Carrefour des Sciences et des Arts

Salomé nous raconte sa mission de service civique

Diplômée d’un Master Patrimoine en 2016, et après avoir effectué un stage de quatre mois au Service du Patrimoine de la Ville de Cahors, j’étais enfin prête à me lancer dans le monde du travail. Malheureusement comme chacun le sait, rien n’est moins facile dans le domaine culturel, et la polyvalence est vraiment nécessaire pour trouver un emploi.  C’est alors que j’ai été contactée par Valérian, ancien élève de ma promotion de master, en service civique auprès de l’association Carrefour des Sciences et des Arts. Il m’a appris que cette structure recherchait un autre volontaire pour « participer au développement d’un musée ». La Planète des Moulins, située à Luzech, fonctionne grâce à une association de gens passionnés et passionnants. Auparavant très frileuse face au monde associatif, je dois avouer que plus rien ne saurait m’en éloigner aujourd’hui.

Intriguée par l’offre et par le site internet du musée, j’ai donc postulé en me disant qu’un service civique pouvait être une bonne transition entre les études et le travail. Le jour de la visite des lieux et du premier échange, cela a été le coup de foudre total. Enfin un musée où l’on n’a pas le droit mais le DEVOIR de toucher, de manipuler, de faire ses propres expériences ! J’ai toujours eu horreur des expositions statiques où l’on voit les œuvres se succéder sans vraiment les regarder, et qui ne laissent place qu’à un sentiment de flou total une fois chez soi. Après avoir étudié la question pendant plusieurs années, je m’étais fixée sur l’idée que jamais je ne travaillerais en médiation culturelle, et encore moins dans un musée. Et pourtant, au lieu de rester sur ma position, j’ai saisi cette occasion, parce qu’il me paraissait plus logique de vouloir faire évoluer les musées, plutôt que de les laisser de côté toute ma vie.

Salomé nous raconte sa mission de service civique

La Planète des Moulins, c’est un lieu où l’on vient passer une heure et duquel on ressort après en avoir passé trois, et sans s’en rendre compte. Et puis on se dit « mince… je n’ai pas eu le temps de tout voir, il faudra que je revienne. » C’est aussi un lieu où l’on a le plaisir d’apprendre tous les jours, de découvrir des détails que l’on avait sous les yeux pendant des mois sans les remarquer, tant ils sont nombreux. C’est un lieu auquel on repense chaque fois que l’on observe un mécanisme,  dans la vie de tous les jours, en se disant tout haut « tiens ! encore un moulin ! », fier d’avoir assimilé les définitions du musée.

La médiation et la muséographie se veulent modernes et en constante évolution. La constante remise en question, à différents niveaux permet au musée de ne pas rester figé dans des schémas anciens de présentation des collections.  C’est cette volonté de prendre le temps de faire les choses correctement, de valoriser la qualité du travail plutôt que sa rentabilité,  qui m’a conquise. J’avais besoin, après ces cinq ans d’études, de découvrir mes capacités de création, d’invention, et de sortir du carcan scolaire pour laisser toutes mes idées émerger au lieu de les «tuer dans l’œuf » : les bonnes, les moins bonnes, les farfelues, toutes les idées sans exception car j’ai appris que même les mauvaises idées donnent naissance à de bonnes réflexions.

Salomé nous raconte sa mission de service civique
Salomé nous raconte sa mission de service civique Salomé nous raconte sa mission de service civique

Le fondateur du musée a su tirer le meilleur parti de mes capacités en me faisant totalement confiance, créant alors une véritable complicité entre nous. Nous sommes tombés d’accord pour ne pas m’enfermer dans un seul domaine de travail mais pour me faire participer à toutes les tâches relatives à la vie du musée sans exception. Grâce à cela j’ai même pu m’exercer aux travaux de création de maquettes, d’embellissement, de restauration, alors que j’en rêvais mais manquais beaucoup de confiance en moi.  Mes idées ont été largement écoutées et appliquées, me permettant de me rendre compte que j’avais eu tort de bouder la médiation et la communication par le passé.

Il est désormais bien entendu qu’après la fin de mon service civique, je continuerai à participer au développement de ce musée en pleine expansion, qui a tout son avenir devant lui. Cette expérience, plus qu’enrichissante, a été pour moi une véritable révélation. Tout service civique devrait se dérouler de la sorte. J’ai eu la chance de bénéficier de conditions de travail exceptionnelles et ces huit mois se sont déroulés sur la base d’un échange sincère et toujours équitable. Il me paraît maintenant évident que j’avais autant besoin de la Planète des Moulins qu’elle avait besoin de moi.

Salomé nous raconte sa mission de service civique

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